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Concertation stratégique au sujet de la communication concernant la charge virale indétectable

Dans un contexte où la prévention combinée constitue le cadre de référence des interventions de prévention, le traitement comme prévention (TasP) a acquis une place centrale. Compte tenu des confirmations scientifiques mais également des incertitudes résiduelles et des controverses médicales concernant l’impact de l’atteinte d’une charge virale indétectable (CVI) grâce aux traitements antirétroviraux (TARV) sur le risque de transmission du VIH par voie sexuelle, le CPAM a démarré en janvier 2016 un processus de concertation stratégique au sujet des objectifs et des activités de communication sur ce sujet à destination de la population générale, des PVVIH, des populations clés et des acteurs de santé.

Objectif général

Cette concertation a pour objectif d’améliorer l’impact du traitement comme prévention (TasP) par :

  • une meilleure connaissance et appropriation du TasP parmi les publics et communautés concernés – dont les PVVIH –, les acteurs de prévention et les acteurs psycho-médico-sociaux spécialisés dans le VIH ;
  • une harmonisation et une amélioration de la qualité des messages et des contenus informationnels concernant la CVI.

Cet objectif s’inscrit dans une approche générale de prévention combinée du VIH et inclut donc les finalités suivantes : accroître le recours adéquat aux moyens de protection et de réduction des risques ; favoriser l’entrée dans le dépistage et dans les soins ; lutter contre la sérophobie et la pénalisation de la transmission et/ou de l’exposition au risque de transmission du VIH.

Objectifs opérationnels

Le CPAM souhaite parvenir à :

  1. Elaborer un consensus actualisé et innovant entre acteurs associatifs, communautaires, médicaux spécialisés dans la lutte contre l’épidémie de VIH et publics concernés – dont au premier chef les PVVIH – au sujet des messages sur la CVI à destination des publics et des relais.
  2. Diffuser et créer de l’adhésion autour de ce consensus auprès de la population générale, des publics cibles, des relais communautaires et professionnels, des médias, des autorités publiques.

Questions de départ

Depuis l’avis du Conseil Supérieur de la Santé (Avis du CSS concernant les lignes directrices relatives à l’utilisation du préservatif par les partenaires VIH-sérodiscordants recevant un traitement antirétroviral, 2013) qui fait actuellement autorité au niveau sanitaire, les résultats de plusieurs études sur l’évaluation des risques résiduels de transmission en cas de CVI ont été publiés, ainsi que de nouvelles recommandations internationales et nationales. De plus, il y a lieu d’inclure dans la réflexion les enjeux éthiques et juridiques ainsi que les déterminants sociaux et environnementaux concernant l’exposition au risque de transmission du VIH.

Le travail préparatoire à l’élaboration d’un futur énoncé de consensus consiste en grande partie à mobiliser la littérature existante, et ce sur base d’un nombre limité de questions de départ :

QUESTION 1 « LES CONDITIONS DE L’EFFICACITE »

Que révèlent les données scientifiques les plus récentes et les recommandations nationales et internationales au sujet des conditions permettant de parler de risque résiduel de transmission du VIH par voie sexuelle lorsqu’une personne séropositive a atteint une CVI grâce à un TARV ? Et que signifie un risque résiduel dans la réalité de la transmission du VIH ?

QUESTION 2 « CONNAISSANCES, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS »

Quel est le niveau de connaissance de l’efficacité du TasP parmi les PVVIH , la population générale et les populations clés ; et quel est l’impact dans la durée de cette information sur la sexualité, la prévention, la motivation au traitement et l’observance, ainsi que dans les relations sociales (dicibilité du VIH, stigmatisation/discrimination/pénalisation) ?

QUESTION 3 « QUE DIRE, A QUI, COMMENT ET POURQUOI ? »

Quels sont les objectifs, les bénéfice attendus et les stratégies d’information et de communication à développer concernant la protection et le risque résiduel de transmission du VIH en cas de CVI ; ceux-ci doivent-il être déclinés selon les populations spécifiques ?

Méthode

Pour cette concertation, le CPAM a adopté une méthodologie de conférence de consensus, éprouvée principalement dans le domaine médical. Ce dispositif conséquent au plan des ressources a dû nécessairement être adapté compte tenu des moyens disponibles.

L’objectif d’une conférence de consensus est, sur un sujet qui pose problème – notamment en raison de lacunes, d’incertitudes ou de contradictions scientifiques –, d’aboutir à l’élaboration d’un socle de consensus susceptible de poser les bases d’une évolution de la politique publique ou des stratégies d’intervention (via des recommandations ou des directives de bonnes pratiques). L’activité principale est l’organisation d’un débat structuré (la conférence de consensus) réunissant une diversité d’acteurs concernés appelés à exprimer leur point de vue et à valider une position commune.

Le processus est participatif et allie les expertises profane et savante en associant des experts scientifiques, des professionnels du domaine et la population (ici les publics concernés par le VIH).

La méthode consiste à synthétiser l’information disponible et à la confronter à des avis contradictoires dans le but de définir un degré d’accord au sein d’un groupe d’individus sélectionnés.

Références

Haute Autorité de Santé (2015) « Recommandations par consensus formalisé (RCF) », (2014) « Élaboration de recommandations relatives à la bonne pratique : Note de cadrage ».

INAMI - Comité d'évaluation des pratiques médicales en matière de médicaments (2000) « Méthodologie réunion de consensus médicament ».

La participation des PVVIH

Les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sont les premières intéressées par la bonne prise en charge de leur santé physique et mentale et par les enjeux de réduction du risque de transmission du VIH.

Une mobilisation des PVVIH a donc été mise en place afin d’impliquer les PVVIH dans le processus de concertation.

La première étape de cette mobilisation consiste dans l’organisation d’une soirée de discussion consacrée à la charge virale indétectable. Cette activité vise également à mieux connaître les besoins, les demandes, les ressources et les obstacles rencontrés par les PVVIH en matière de traitements, de charge virale et d’information sur la protection.

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Date: 28 juillet de 18h00 à 21h00
Lieu : Université Saint-Louis

L’activité est gratuite. Un verre de l’amitié et une collation seront prévus. Une prise en charge des frais de transport est possible.

Organisation : l’Observatoire du sida et des sexualités et le Conseil Positif pour le CPAM des Stratégies concertées des acteurs de prévention IST/SIDA. 

Inscription auprès du Conseil Positif : conseilpositifwb@gmail.com

Lors de cette soirée, nous chercherons à connaître les expériences des PVVIH concernant le traitement comme prévention et l’impact de la CVI sur leur vie sociale et affective/sexuelle. Nous aborderons également l’enjeu du suivi médical et de la surveillance des paramètres biologiques. Enfin, nous discuterons des enjeux liés aux stratégies de communication au sujet de la charge virale.

Avec les personnes présentes, nous envisagerons quelles suites il sera possible de donner au travail entamé lors de cette première soirée afin d’engager une implication plus grande dans le processus de concertation, et notamment lors de la conférence de consensus.

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Observatoire du sida et des sexualités - Facultés universitaires Saint-Louis
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