Outils personnels

10. Plan opérationnel

Public cible : le public festif

Objectifs opérationnels

  1. Améliorer le bien-être et le contrôle du public festif sur sa propre santé, en particulier parmi le public plus précarisé (sur les plans matériel, psychologique, social et de l’isolement), parmi les filles et les HSH.
  2. Augmenter l’utilisation correcte du préservatif et du lubrifiant par le public festif, en particulier parmi les filles et les HSH.
  3. Améliorer le recours adéquat et l’accès au dépistage du VIH et des IST dans le public festif.
  4. Diminuer la consommation abusive de psychotropes dans le public festif.
  5. Diminuer les risques liés à l’usage de drogues dans le public festif.
  6. Diminuer les entraves à la réduction des risques aux niveaux politique, administratif, judiciaire et sur le terrain.
  7. Améliorer la qualité des contacts entre les services psycho-médico-sociaux généralistes et spécifiques (RDR) et le public festif.
  8. Améliorer la qualité des pratiques de tatouage et de piercing.
  9. Lutter contre la stigmatisation liée à l’usage et aux usagers de drogues parmi l’ensemble des acteurs concernés et le grand public.

Stratégies

Les stratégies pour atteindre ces objectifs s’appliquent directement au public cible et/ou à d’autres acteurs en lien avec ce public.

Le public cible

Il s’agit d’améliorer ses connaissances sur plusieurs sujets :

  • le VIH et les autres IST (en particulier les hépatites B et C) ;
  • les risques liés aux produits, à leur usage et leurs conséquences (y compris l’abus), notamment en déconstruisant les stéréotypes qui leur sont liés ;
  • les risques liés au tatouage et au piercing (les risques en général et les risques particuliers dans le milieu festif) ;
  • le testing des pilules.

L’image du test de dépistage et des structures de dépistage doit être améliorée et l’accès aux structures de dépistage anonyme, gratuit et en dehors de l’hôpital doit être renforcé.

Le public précarisé doit particulièrement être informé sur les lieux où il peut se procurer les préservatifs et lubrifiants gratuits.

Le renforcement des capacités du public, en ce qui concerne l’utilisation du préservatif et du lubrifiant, notamment dans un contexte de consommation, est nécessaire afin d’augmenter le contrôle face aux situations de risque. Les capacités du public à gérer sa consommation vis-à-vis des milieux scolaire et professionnel doivent également être renforcées. Une mise à disposition gratuite en milieu festif de préservatifs et lubrifiants doit être prévue.

Le renforcement de l’estime de soi et du sentiment de responsabilité vis-à-vis de soi et d’autrui est indispensable. A ce sujet, l’accent doit être mis sur certains publics plus fragiles comme les filles ou encore les HSH, tout en déconstruisant les stéréotypes liés au genre dans l’ensemble du public. Les comportements de solidarité entre pairs, notamment lors de la baisse de vigilance de certains membres du groupe, doivent être renforcés et valorisés.

Les activités concrètes à renforcer sont la conception et la diffusion d’outils et de matériel de RDR adaptés au public festif et au contexte. Des outils spécifiques pour les filles doivent être réalisés. Tous les outils doivent aborder les aspects relationnels liés à la consommation, notamment vis-à-vis de la famille.
Des aménagements de l’environnement festif sont nécessaires pour éviter certains risques et améliorer la prévention : mettre des outils d’information, des ear plugs, des préservatifs et lubrifiants et le matériel de RDR à disposition du public, rendre l’accès gratuit à l’eau potable, aménager des espaces de détente, assurer le respect des normes de bruit et diminuer le prix des boissons non alcoolisées. Le travail de proximité doit également être renforcé.

En dehors des lieux festifs, des lieux d’accueil, de relais et d’information doivent être créés.
Des sites Internet destinés au public cible et aux intervenants fournissant une information de qualité sur la RDR doivent être disponibles et accessibles, notamment par la création de liens entre les sites des soirées et les sites d’information.

L’ensemble de ces activités doivent se faire en suscitant la participation du public (prévention par les pairs). Les caractéristiques des intervenants responsables ainsi que des pairs participant à ces activités devraient refléter la diversité du public sur les plans du genre* et de l’orientation sexuelle.

Les acteurs professionnels présents sur les lieux festifs

Qu’il s’agisse des organisateurs de soirées ou des intervenants socio-sanitaires, ils doivent être sensibilisés ou formés au sujet :

  • de la consommation et de ses conséquences ;
  • des risques liés au tatouage/piercing ;
  • de la réduction des risques ;
  • de la prévention par les pairs ;
  • des premiers secours.

Les activités concrètes à renforcer sont le travail en réseau entre intervenants généraux et spécifiques sensibilisés à la RDR. Des partenariats entre organismes doivent être créés (ex : entre intervenants de la RDR et la Croix Rouge ou les Centres de planning familial ou encore avec les intervenants pour HSH).

Les acteurs psycho-médico-sociaux

  • Les acteurs des milieux de vie tels que le milieu scolaire (y compris les associations de parents) ou le milieu du travail doivent être sensibilisés à la RDR. Les centres spécialisés en toxicomanie doivent être sensibilisés aux nouvelles drogues de synthèse et aux publics qui les consomment. Les usagers doivent être informés de l’existence de ces réseaux.

Les activités concrètes à renforcer sont la formation des acteurs et la conception d’outils pédagogiques spécifiques pour appuyer ces formations.

Les acteurs politiques

Il est nécessaire de définir une politique claire de RDR en milieu festif. Les acteurs de la RDR devraient avoir un mandat officiel établi en concertation. Ce mandat devrait respecter la charte de la RDR et s’intégrer dans le cadre de la promotion de la santé. Un projet de légalisation contrôlée des drogues doit être soutenu et la loi de 1921 définissant les règles en matière de produits stupéfiants devrait être modifiée. Les ligues professionnelles de tatoueurs/pierceurs doivent être soutenues dans leurs demandes de réglementations quant aux normes d’hygiène.

Les thématiques relatives à l’éducation à la vie affective et sexuelle, à la prévention des IST/SIDA et aux drogues devraient être intégrées dans les programmes scolaires et abordées selon une approche de promotion de la santé.

 

Les activités concrètes à renforcer sont le lobbying vis-à-vis des niveaux politiques compétents, notamment en matière de RDR et plus largement de drogues, de vie affective et sexuelle et d’éducation.

 

Les médias

Il s’agit d’améliorer la qualité et la quantité des informations concernant les IST, les drogues et leur consommation, le public festif et la RDR.

Les activités concrètes à renforcer consistent à organiser et communiquer de manière proactive les informations pertinentes vers les médias.

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Observatoire du sida et des sexualités - Facultés universitaires Saint-Louis
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