Outils personnels

5. Plan opérationnel

Publics cibles : HSH et FSF

Objectifs opérationnels

  1. Augmenter l’utilisation du préservatif et du lubrifiant à base d’eau lors des pénétrations anales à risque dans le public HSH.
  2. Améliorer le recours adéquat et l’accès au dépistage du VIH et des IST dans les publics cibles des HSH et FSF.
  3. Augmenter le recours aux moyens de protection contre les IST dans le public FSF.
  4. Améliorer le bien-être des HSH et des FSF, notamment des jeunes tout au long du processus identitaire du coming out.
  5. Améliorer l’implication et l’accès à la prévention dans le milieu associatif et commercial identitaire.
  6. Améliorer la prise en compte de la diversité des orientations sexuelles et de ses implications sur le bien-être dans la relation entre professionnels du soin (santé mentale, physique et sociale) et patients HSH et FSF.
  7. Contribuer à l’acceptation de la diversité sexuelle dans les familles et l’entourage des HSH et des FSF.
  8. Améliorer la prise en compte de la diversité des orientations sexuelles et de ses implications sur le bien-être des jeunes parmi les acteurs du secteur scolaire (enseignants, PMS, PSE) et les acteurs du secteur extra-scolaire (Aide à la Jeunesse, AMO, etc.).
  9. Contribuer à diminuer les comportements hétérosexistes et homophobes dans la société.

Stratégies

Les stratégies pour atteindre ces objectifs s’appliquent directement au public cible et/ou à d’autres acteurs en lien avec ce public.

Les publics cibles

NB : Les problématiques liées au mal-être sont pour la plupart communes aux HSH et aux FSF et les stratégies à développer s’appliquent par conséquent à ces deux publics. Par contre, les problématiques liées au VIH et aux IST présentent des spécificités et sont donc détaillées séparément.

En ce qui concerne le VIH et les autres IST, il s’agit d’améliorer et de renforcer les connaissances des HSH et FSF dans un cadre de santé globale, notamment au sujet :

  • des modes de transmission (en particulier lors de la fellation) et des moyens de protection ;
  • des facteurs facilitants et des freins à la prévention ;
  • des procédures et des lieux de dépistage, ainsi que de la garantie du respect du secret professionnel ;
  • des vaccins et des traitements disponibles ;
  • de la prophylaxie post-exposition.

Plus particulièrement en ce qui concerne les HSH, il convient d’augmenter leur conscience du risque dans un contexte de haute prévalence et de les sensibiliser à certaines circonstances qui augmentent les risques (consommation de substances psychotropes, échanges sexuels monnayés, etc.). Les capacités d’utilisation correcte du préservatif et du lubrifiant doivent être renforcées. Il convient également d’améliorer l’accès aux préservatifs et au lubrifiant à base d’eau, notamment sur le plan financier (réduction des coûts ou gratuité pour les personnes moins favorisées). Les activités doivent être adaptées selon le statut sérologique et d’autres spécificités des HSH identifiés comme plus vulnérables.

En ce qui concerne les FSF, il s’agit de renforcer leurs connaissances théoriques et pratiques au sujet de la prévention et du dépistage des IST/SIDA et d’augmenter la conscience des risques encourus. Des recherches-actions visant à mieux connaître les FSF et des activités visant à promouvoir la santé globale et à faciliter l’accès aux soins de santé doivent être mises en oeuvre à long terme.

Les activités concrètes à renforcer pour les HSH et à mettre en place pour les FSF en ce qui concerne la prévention des IST/SIDA consistent à produire des outils adaptés, organiser des séances d’information et des groupes de parole, développer le travail de proximité et la prévention par les pairs, favoriser l’accessibilité de l’information et des lieux de dépistage (anonymat, gratuité, visibilité), de promotion de la santé et d’aide aux personnes.

En ce qui concerne le bien-être des HSH et des FSF et en particulier des jeunes, il s’agit de favoriser l’estime de soi et l’acceptation de son orientation sexuelle. Il convient notamment de diminuer la honte et la culpabilité qui entraînent la clandestinité tout au long du processus identitaire du coming out. Il s’agit également de permettre aux jeunes de mieux se situer vis-à-vis des milieux associatif et commercial identitaires. Enfin, il s’agit de renforcer la reconnaissance de la diversité sociale, culturelle et sexuelle.

Les activités à renforcer pour les HSH et à mettre en place pour les FSF en matière de bien-être sont basées sur l’augmentation des ressources internes (connaissances, savoir-faire, savoir être) et externes (contexte social, associations, relais). Concrètement, il s’agit de renforcer l’accès à une éducation affective, relationnelle et sexuelle adéquate, qui inclut la diversité des orientations sexuelles. Les informations relatives au processus identitaire du coming out et l’homophobie, ainsi que celles relatives aux ressources identitaires et généralistes existantes doivent être rendues accessibles. Des associations d’aide et des groupes de pairs doivent être développés et l’accès à des services de santé et d’aide adéquats doit être renforcé.

Les familles et l’entourage

Un travail d’aide et d’accompagnement des familles des HSH et FSF doit être développé. Ce travail doit inclure l’information au sujet des ressources et services d’aide disponibles. Par ailleurs, toutes les familles devraient être informées des réalités auxquelles se confrontent les HSH et FSF, en particulier l’homophobie et l’hétérosexisme. Elles doivent aussi être encouragées à mettre en oeuvre une éducation ouverte à l’égalité de genre et d’orientations sexuelles.

L’accessibilité des services d’aide et de soutien pour les familles doit être renforcée. L’information et la sensibilisation des familles doit se faire via les organismes qui s’adressent habituellement à elles, notamment par la publication d‘articles ou d’autres supports d’information.

Les milieux de vie associatifs et commerciaux identitaires

Il convient de rendre les différents lieux associatifs et commerciaux plus favorables à la santé et à la prévention du SIDA et des IST. En particulier, ces lieux doivent être davantage en adéquation avec les besoins des jeunes HSH et FSF.

Les acteurs associatifs doivent être sensibilisés à la responsabilité collective en matière de prévention et les capacités des bénévoles en matière de promotion de la santé doivent être renforcées.

Dans le milieu commercial, le personnel des établissements doit être sensibilisé au respect de certains critères d’hygiène, de prévention et de sécurité, en particulier dans les lieux où les rapports sexuels peuvent avoir lieu.

Un réseau de proximité identitaire associatif et/ou commercial devrait être disponible et accessible dans les zones rurales et semi-rurales.

Les activités concrètes à renforcer dans les milieux associatif et commercial sont l’information et la formation des bénévoles et des professionnels et la conception d’outils d’information et de formation. L’accès financier au matériel de prévention et la couverture doivent être améliorés, notamment par la création d’une centrale d’achats de préservatifs et de lubrifiant et l’adhésion des acteurs commerciaux à cette centrale d’achats.

Les professionnels du secteur de la prévention des IST/SIDA et de la promotion de la santé

Il est nécessaire de développer des stratégies renouvelées de prévention, de développer la concertation et de favoriser les échanges de meilleures pratiques au sujet de la prévention des IST (dont le VIH/SIDA) et de la promotion de la santé.

Les acteurs généralistes des milieux scolaire, extra-scolaire et psycho-médico-sociaux

Il s’agit globalement de diminuer l’homophobie et l’hétérosexisme, de déconstruire les stéréotypes liés aux orientations sexuelles et au genre, d’améliorer les connaissances sur la santé globale, les vulnérabilités et les risques des HSH et FSF et conjointement d’améliorer les capacités de communication des professionnels autour des questions de l’orientation sexuelle avec le public (savoir-faire et savoir être).

Un soutien institutionnel aux acteurs qui s’engagent dans des activités de lutte contre l’homophobie et l’hétérosexisme doit être apporté par les directions et les pouvoirs organisateurs.

Les activités concrètes à renforcer sont l’information et la formation (initiale et continuée) des professionnels, la création d’outils de formation et de ressources pédagogiques, la formulation de recommandations et le lobbying politique. La couverture homogène des activités et des outils de formation doit être assurée.

La société en général

Il est nécessaire de favoriser l’évolution des mentalités en luttant contre les discriminations (dont l’homophobie et l’hétérosexisme), en contribuant à déconstruire les stéréotypes et en favorisant le respect et le bien-être des personnes dans leur diversité. Ceci doit s’envisager dans les différents milieux de vie (l’école, le travail, etc.) et via les différents canaux pertinents (la culture, l’éducation permanente, les médias, la publicité, etc.).

Il est notamment pertinent de développer l’éducation aux médias, l’accès aux informations adéquates relatives à l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, la prise de conscience de la diversité des orientations sexuelles par le biais de la culture, etc.

Les acteurs politiques

En matière de prévention, des politiques d’interventions et de recherches-actions à long terme doivent être développées. Une stratégie de dépistage du VIH et des IST claire et adéquate doit être définie en permettant l’anonymat et la gratuité. Une politique de réduction des coûts et de gratuité du préservatif et du lubrifiant à base d’eau pour les publics précarisés doit être soutenue. Les modalités d’accès et de remboursement de la prophylaxie post-exposition non professionnelle doivent être clarifiées et rendues publiques.

Une politique transversale d’égalité visant la lutte contre l’homophobie et l’hétérosexisme doit être mise en oeuvre et soutenue activement par les différents niveaux de pouvoir concernés. Cette politique transversale et intersectorielle (secteur scolaire et extra-scolaire, secteur psycho-médico-social, emploi, formation, société en général) doit envisager la promotion de la diversité et du bien-être des HSH et FSF et l’éducation à la citoyenneté et à la vie affective, relationnelle et sexuelle.

L’accès au mariage et à l’adoption doivent être garantis dans le long terme.

Les activités concrètes de sensibilisation et de lobbying auprès des acteurs politiques des différents niveaux de pouvoir doivent être maintenues.

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