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2. Données épidémiologiques et sociales

Public cible : enfants et jeunes
Infection au VIH parmi les jeunes en Belgique

L’évolution de l’incidence parmi les jeunes de 15 à 24 ans depuis une dizaine d’années suit globalement les mêmes tendances que l’incidence générale : une augmentation marquée (environ 50 %) est observée au début des années 2000, suivie d’une stabilisation autour de 120 cas par an depuis cinq ans (voir figure 1).

Depuis les débuts de l’épidémie en Belgique jusqu’en décembre 2008, sur les 21097 patients diagnostiqués, 16 % (n=3374) avaient moins de 25 ans au moment du diagnostic (Sasse et al., 2008). Parmi ces 3374 patients, 79 % (n=2673) avaient entre 15 et 24 ans. Sur les 3102 personnes dont l’âge était connu et diagnostiquées au cours de la période 2005- 2007, 12 % (n=368) étaient âgées entre 15 et 24 ans. 

Comme pour la population générale, les modes de transmission se répartissent très différemment selon l’origine des patients. Parmi les Belges, les jeunes hommes sont nettement plus touchés que les femmes et le mode de transmission par contacts homo-/bisexuels est largement majoritaire. Parmi les patients d’une autre origine, les femmes sont nettement plus touchées que les hommes et le mode de transmission par voie hétérosexuelle prédomine. La figure 2 illustre la répartition par modes de transmission selon l’origine des patients. 

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Figure 1 : Evolution de l’incidence* du VIH dans la tranche d’âge des 15-24 ans (Source : ISSP 2009)

 

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 Figure 2 : Répartition des cas d’infection au VIH dans la tranche d’âge 15-24 ans selon l’origine
et le mode probable de transmission, période 2005-2007 (Source : ISSP 2008)

Données concernant les autres IST parmi les jeunes en Belgique

Parmi les 727 patients diagnostiqués en 2008 par le réseau sentinelle de cliniciens (362 hommes et 365 femmes), la tranche d’âge des 20-24 ans est la deuxième à être la plus touchée, après celle des 25-29 ans (Defraye et al., 2009a-b).

Les jeunes filles de 15 à 24 ans sont quatre fois plus nombreuses à avoir reçu un diagnostic d’IST que les jeunes hommes de la même tranche d’âge. La tranche d’âge des 20‑24 ans est d’ailleurs la plus représentée chez les femmes (alors que la tranche d’âge la plus touchée pour les hommes est celle des 30-34 ans).

Parmi les hommes de 15 à 24 ans, un petit nombre de cas ont été diagnostiqués : 6 cas de syphilis, 9 cas de gonorrhée, 11 cas de condylomes et 11 cas de Chlamydia. Parmi les femmes de la même tranche d’âge, environ 112 cas de Chlamydia ont été diagnostiqués (c’est la tranche d’âge la plus touchée chez les femmes pour cette IST) ainsi que 7 cas de Pelvic Inflammatory Disease (PID) et 20 cas de condylomes.

Parmi les hommes de 20 à 24 ans diagnostiqués pour une IST, une petite majorité déclarent une orientation hétérosexuelle (50 % ; n=18) ; les hommes homo/bisexuels représentent 44 % des cas.

Données concernant les conditions de vie des jeunes

L’enquête HBSC de 2006 (Godin et al., 2008) présente des données relatives au bien-être des jeunes de 9 à 22 ans :

  • Un peu plus de 81 % d’entre eux se disent «très heureux» ou «heureux» et près de 19 % se déclarent «pas très heureux» ou «pas heureux du tout».
  • Près de 60 % déclarent avoir «toujours» ou «souvent» confiance en eux.
  • Prés de 65 % déclarent se sentir «toujours» ou «souvent» capables de s’en sortir.

Les filles et les élèves de l’enseignement technique et professionnel déclarent davantage de difficultés liées au bien-être, en comparaison respectivement des garçons et des élèves de l’enseignement général. Le sentiment de bonheur et la confiance en soi diminuent avec l’âge alors que le fait de se sentir capable de s’en sortir augmente.

Enfin, le fait de souffrir «très souvent» ou «assez souvent» de solitude concerne 16,1 % des jeunes.

Des inégalités sont observées en ce qui concerne les activités d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle : les proportions de jeunes d’âge scolaire qui n’ont pas bénéficié de telles activités varient en fonction du type d’enseignement (Beghin et al., 2006) :

  • Enseignement artistique et professionnel : 30 %
  • Enseignement technique : 26 %
  • Enseignement général : 18 %
Sources
  • Sasse A., Defraye A., Buziarsist J., Van Beckhoven D., Wanyama S. Epidémiologie du Sida et de l’infection VIH en Belgique. Situation au 31 décembre 2007. Institut Scientifique de Santé Publique, Section Épidémiologie, Bruxelles, 2008. (IPH/EPI REPORTS Nr. 2008/037) [retour en haut]
  • Defraye A., Buziarsist J., Sasse A., Bots J., Claes P., Ducoffre G., Lokietek S., Mak R., Van den Eynde S. Surveillance-IST, Belgique 2007, Rapport commun. Institut Scientifique de Santé Publique, Section épidémiologie, Bruxelles, 2009a. (IPH/EPI REPORTS Nr. 2009/19) [retour en haut]
  • Defraye A., Buziarsist J., Sasse A. Surveillance des IST via un réseau sentinelle de cliniciens en Belgique. Rapport annuel 2008. Institut Scientifique de Santé Publique, Section Épidémiologie, Bruxelles, 2009b. (IPH/EPI REPORTS Nr. 2009/036)
  • Godin I., Decant P., Moreau N., de Smet P., Boutsen M. La santé des jeunes en Communauté française de Belgique. Résultats de l’enquête HBSC 2006. SIPES-ULB, Bruxelles, 2008. [retour en haut]
  • Beghin D., Cueppens C., Lucet C., Ndamè S., Masuy-Stroobant G., Sasse A., Piette D. Adolescentes : sexualité et santé de la reproduction. Etat des lieux en Wallonie et à Bruxelles. ULBPROMES, Bruxelles, 2006. [retour en haut]

 

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