Outils personnels

9. Plan opérationnel

Public cible : les personnes détenues en milieu carcéral

Objectifs opérationnels

  1. Améliorer le bien-être des détenus, y compris à la sortie et diminuer les discriminations à leur égard.
  2. Renforcer l’utilisation du préservatif et des autres moyens de prévention primaire et secondaire auprès des détenus, y compris après la sortie.
  3. Améliorer le recours adéquat et l’accès à un dépistage de qualité dans le public cible des détenus.
  4. Améliorer l’accès aux traitements spécifiques et aux vaccins parmi les détenus ainsi que la qualité de leur suivi.
  5. Améliorer la qualité des préventions primaire et secondaire lors des accidents de travail pour le personnel pénitentiaire.
  6. Améliorer la qualité de la pratique professionnelle et de la communication parmi les membres du personnel pénitentiaire.
  7. Améliorer la qualité des données épidémiologiques relatives aux détenus (monitoring).
  8. Clarifier la répartition des compétences politiques en matière de santé en milieu carcéral.

Stratégies

Les stratégies pour atteindre ces objectifs s’appliquent directement au public cible et/ou à d’autres acteurs en lien avec ce public.

NB : Chaque établissement pénitentiaire étant différent, les stratégies envisagées ci-après doivent systématiquement être adaptées et développées en fonction des spécificités de l’établissement pour lequel elles sont proposées.

Le public cible

Il s’agit d’améliorer ses connaissances sur le VIH, les autres IST et les hépatites (modes de transmission, dépistages, vaccins, traitements, moyens de prévention, …) et de responsabiliser chacun par rapport aux risques qu’il encourt et qu’il fait encourir aux autres. Il est nécessaire de permettre à chacun d’utiliser les moyens de prévention adaptés à ses comportements et de recevoir le traitement (curatif ou psychologique) le plus adapté à son état et à sa demande. Il s’agit également d’améliorer la santé globale, l’environnement pénitentiaire (notamment l’hygiène) et les conditions de sortie pour contribuer au bien-être des détenus.

Il est nécessaire de renforcer des activités favorisant la diffusion d’informations, de produire et diffuser des outils d’information (modes de transmission des maladies, comportements à risques, dépistages, vaccins, traitements, moyens de prévention et utilisation de ces moyens, hygiène, santé globale, …) adaptés aux spécificités du public mais aussi d’améliorer la mise à disposition de ces outils, des moyens de prévention et de réduction des risques. Il est important d’impliquer le public dans le développement de ces outils et dans la diffusion des informations (prévention par les pairs).

Les activités à mettre en place doivent également concerner l’amélioration des conditions d’incarcération et du cadre de vie (cellule, préau, sanitaires, visites hors surveillance (VHS), …) ainsi que l’application du règlement anti-discriminatoire. Il convient également de permettre l’accès :

    • à l’information sur les différents traitements et aux traitements eux-mêmes, quels qu’ils soient ;

    • au choix du médecin (par rapport à l’offre interne) ;

    • à un suivi psycho-social de qualité ;

    • au travail, aux activités et aux VHS ;

    • aux organismes externes intervenant en milieu carcéral ;

    • à un «kit de prévention» lors de la sortie.

Le personnel pénitentiaire

Il convient d’améliorer ses connaissances sur le VIH, les autres IST et les hépatites (modes de transmission, comportements à risques, dépistage, vaccins, traitements, moyens de prévention, prophylaxie post-exposition, …) afin de sensibiliser le personnel pénitentiaire aux risques réellement encourus dans sa pratique professionnelle et à l’importance de l’utilisation des moyens de prévention existants.

Il est nécessaire de développer ou créer, de façon participative, des outils d’information et de prévention adaptés et de diffuser ces outils de la façon la plus adaptée. Il est également nécessaire de renforcer l’accès et l’utilisation adéquate des moyens de prévention primaire et secondaire disponibles, dont la vaccination contre l’hépatite B.

Les activités consistent également à renforcer la formation professionnelle de base, à organiser des formations continuées, à développer la concertation au sujet des pratiques professionnelles et à offrir un soutien psycho-social aux agents quand cela s’avère nécessaire.

Les guidelines relatifs à la vaccination contre l’hépatite B doivent être mis à disposition du personnel mais aussi du conseiller en prévention et du médecin du travail, de même que les guidelines relatifs aux accidents d’exposition au sang.

Les professionnels de la santé

Il s’agit d’améliorer leurs connaissances par rapport aux moyens de prévention disponibles pour les détenus (moyen de protection, dépistages, traitements, prophylaxie post-exposition, vaccination, …) et de les sensibiliser à l’importance de diffuser ces informations et de mettre en oeuvre certains actes préventifs.

Les stratégies concrètes à mettre en oeuvre ou à renforcer sont la mise à disposition de guidelines relatifs à la vaccination contre l’hépatite B, aux traitements quels qu’ils soient et au dépistage. Il s’agit également d’organiser des formations sur le dépistage de qualité et d’établir un consensus au sujet de la vaccination contre l’hépatite B.

Afin d’harmoniser les pratiques, une concertation entre les professionnels de la santé internes et externes au milieu carcéral doit être organisée. Il s’agit également de mettre en place un dispositif de centralisation et de traitement des données relatives à la santé des détenus ainsi que d’établir une politique de transparence et de communication de ces données.

Les acteurs politiques

Une politique officielle, claire et concertée en matière de vaccination hépatite B, en matière d’accès aux traitements de substitution et en matière de développement des établissements pénitentiaires devrait être définie. La répartition des compétences politiques par rapport au milieu carcéral devrait être clarifiée et les ministères intervenant dans ce milieu devraient être davantage responsabilisés.

Une politique officielle, claire et concertée en matière de vaccination hépatite B, en matière d’accès aux traitements de substitution ainsi qu’en matière de développement des établissements pénitentiaires devrait être définie.

Les activités de lobbying doivent être développées. Il s’agit également d’organiser une concertation entre les ministères concernés par la santé en milieu carcéral ainsi qu’entre ces ministères et tous les intervenants internes et externes du milieu carcéral.

Il convient également d’établir une politique officielle, claire et concertée en matière de vaccination hépatite B, en matière d’accès aux traitements de substitution ainsi qu’en matière de développement des établissements pénitentiaires.

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Une analyse commune pour l'action (décembre 2009)

Cahier 9 - Personnes détenues

 

Légende

Activités à maintenir

Activités à renforcer ou à améliorer

Activités à mettre en place

 
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