Outils personnels

3. Plan opérationnel

Public cible : les personnes séropositives

Objectifs opérationnels

  1. Améliorer les conditions de vie des personnes séropositives sur les plans social et matériel.
  2. Augmenter l’utilisation des méthodes de protection contre le VIH et les autres IST et des méthodes de contraception par les personnes séropositives, quel que soit le statut sérologique des partenaires.
  3. Augmenter l’utilisation du préservatif et le recours au dépistage de qualité parmi les partenaires des personnes séropositives et, le cas échéant, parmi leurs enfants.
  4. Améliorer l’adhésion au traitement des personnes séropositives, en particulier les jeunes, les enfants et les personnes précarisées.
  5. Intégrer la prévention secondaire dans les activités professionnelles des acteurs de santé (généralistes et spécifiques) et dans celles des professionnels des lieux d’accueil et de soutien.
  6. Améliorer la qualité de la prise en charge médicale globale et assurer l’équité des soins médicaux pour les personnes séropositives.
  7. Améliorer l’accès à des structures de soutien adaptées qui favorisent la santé globale, le bien-être (notamment la santé mentale) et les aptitudes des personnes séropositives.
  8. Améliorer le respect du secret professionnel, de la confidentialité et de la vie privée par les professionnels de la santé, dans les milieux d’accueil et d’hébergement, au sein de l’administration (dont l’Office des étrangers) et des organismes payeurs ainsi que des avocats et au sein des hôpitaux.
  9. Améliorer l’accueil des personnes (enfants et adultes) séropositives dans le secteur des lieux d’accueil et d’hébergement ainsi que dans les milieux scolaire et de la formation et mettre fin à leur exclusion de ces milieux.

Stratégies

Les stratégies pour atteindre ces objectifs s’appliquent directement au public cible et/ou à d’autres acteurs en lien avec ce public.

Le public cible

Il s’agit d’améliorer ses connaissances au sujet du VIH/SIDA et des autres IST (modes de transmission, procédures et lieux de dépistage, traitements) et les méthodes contraceptives. Il s’agit également de favoriser au sein de ce public l’estime de soi, l’acceptation de sa propre contamination, et la sensibilisation à la responsabilité partagée de la protection. Les partenaires doivent recevoir les mêmes informations que les personnes séropositives, notamment les informations relatives à la prophylaxie post-exposition et les techniques de procréation médicalement assistée.

Les activités concrètes à renforcer sont la mise sur pied de groupes de parole et de solidarité organisés en réseau et soutenus par les pouvoirs publics, l’organisation de séances d’information, la réalisation et le développement d’outils adaptés aux spécificités des divers publics, aux situations de discrimination ou encore aux situations des couples sérodiscordants par la mise en place de séances de counseling. Il y a lieu d’améliorer l’accès aux ressources existantes en matière de prévention (outils, groupes de parole et d’échange, informations sur les IST/SIDA via le Web et dans les médias, préservatifs féminin et masculin), de soin et de soutien (médecins et structures de première ligne, aide sociale, centres pour sans abris pour les plus précaires).
Un travail de proximité devrait être développé avec les familles des personnes séropositives pour améliorer l’adhésion au traitement et à la protection. Les compétences des parents en matière d’éducation à la vie affective et sexuelle devraient être améliorées.

Les professionnels de santé généralistes ou spécialisés

Il s’agit d’améliorer leurs connaissances au sujet du VIH/SIDA et des autres IST, et en particulier :

  • les modes de transmission ;
  • les moyens de protection ;
  • le dépistage du VIH et des autres IST ;
  • les traitements ;
  • la prophylaxie post-exposition professionnelle et sexuelle, notamment après un viol ;
  • les groupes particulièrement touchés ;
  • les situations de discrimination ;
  • les pratiques et croyances par rapport aux IST/SIDA.

Il s’agit également d’améliorer les capacités de ces professionnels pour prendre en charge et/ou pour référer les personnes séropositives. Il convient aussi d’améliorer leurs compétences pour communiquer avec celles-ci et pour mettre en place des activités de prévention primaire et secondaire et d’éducation à la vie affective et sexuelle. La nécessité du respect du secret médical et du secret professionnel doit être rappelée.

Les principales activités concrètes à renforcer sont la mise en place de séances d’information et de formation, la production d’outils de formation à l’intention des professionnels de santé et l’intégration de thématiques IST/SIDA et de savoir-faire communi-cationnels dans le cursus des étudiants des secteurs médical et paramédical. L’accès aux services et aux ressources préventives et curatives devrait être amélioré ainsi que la qualité de ces services et ressources.
Les recherches-actions sur les pratiques et croyances autour des IST/SIDA doivent être développées.

Les activités concrètes à améliorer sont la mise sur pied de consultations de transition vers la consultation adulte pour les enfants et jeunes séropositifs et la mise à disposition de traducteurs et interprètes dans les hôpitaux. En termes d’accès, les activités concrètes sont :

    • la mise à disposition des traitements antirétroviraux dans les pharmacies ;

    • la mise à disposition des traitements post-exposition dans les services d’urgence ;

    • la diffusion d’outils d’information et de formation relatifs à la prise en charge ;

    • le développement d’outils de lutte contre les situations de discrimination.

Les professionnels des lieux d’accueil et d’hébergement

Il s’agit d’améliorer leurs connaissances au sujet du VIH/SIDA et des autres IST, et en particulier :

  • les modes de transmission ;
  • les moyens de protection ;
  • le dépistage du VIH et des autres IST ;
  • les traitements ;
  • la prophylaxie post-exposition professionnelle et sexuelle, notamment après un viol ;
  • les groupes particulièrement touchés ;
  • les situations potentielles de discrimination ;
  • les pratiques et croyances autour des IST/SIDA.

Il s’agit également de les sensibiliser à un accueil adéquat (notamment en ce qui concerne l’obligation légale de la vaccination contre l’hépatite B et le renforcement de l’accès au préservatif) et à l’intégration des personnes séropositives. Il est nécessaire d’améliorer leurs compétences en matière d’éducation à la vie affective et sexuelle, en matière de référence des patients vers des structures de soin spécialisées et pour ce qui a trait à la gestion de l’information confidentielle. La lisibilité de la circulaire relative à l’accueil des enfants séropositifs devrait être améliorée ainsi que sa diffusion. En parallèle à ce travail, les échanges entre professionnels au sujet des lieux qui accueillent effectivement les personnes séropositives doivent être développés.

Les activités concrètes à renforcer sont la mise en place de formations et la production d’outils de sensibilisation et de formation, ainsi qu’une meilleure accessibilité de la circulaire relative à l’accueil des enfants séropositifs et son élargissement aux lieux d’accueil pour adultes. Les réglementations concernant la vaccination contre l’hépatite B et les accidents d’exposition au sang devraient être appliquées de manière systématique.

Les groupes de prière et les praticiens de médecines parallèles

Il s’agit d’améliorer leurs connaissances au sujet du VIH/SIDA et des autres IST et d’insister sur l’importance d’une bonne adhésion au traitement et à la prévention.

L’activité concrète à renforcer est l’organisation des échanges entre ces praticiens et les professionnels de santé.

Les acteurs de la prévention des IST/SIDA et de la promotion de la santé

Ils devraient améliorer la cohérence des stratégies et des messages de prévention, notamment en ce qui concerne les messages relatifs à la fellation et les démarches de notification de partenaires.

Les activités concrètes à mettre en oeuvre sont l’organisation d’une réflexion commune et la définition d’un consensus, pour ensuite formuler des guidelines de prévention primaire et secondaire.

Les acteurs du milieu du travail

Il est nécessaire de sensibiliser les employeurs, les syndicats et les médecins conseils des mutuelles à l’acceptation des personnes séropositives et, si nécessaire, à l’aménagement de leurs conditions de travail, notamment sur la base de la législation existante.

Les acteurs politiques

En matière de discriminations, il s’agit notamment d’évaluer la loi anti-discriminations et de la réorienter si nécessaire. Les questions relatives aux discriminations dans les assurances et les mutuelles devraient être intégrées dans la loi existante. Dans l’attente d’une résolution des problèmes de discrimination dans les mutuelles et assurances, les acteurs devraient pouvoir faire connaître les organismes qui ne provoquent pas de discrimination.

Il convient d’obtenir la mise sur le marché du préservatif féminin et de le rendre disponible en pharmacie à prix modéré. La prophylaxie post-exposition non professionnelle devrait être remboursée.

Une sensibilisation des acteurs politiques compétents doit être mise en oeuvre pour régulariser les séropositifs sans papiers.

Par rapport à l’Office des étrangers, les avocats devraient être sensibilisés à la gestion adéquate des informations confidentielles et au secret professionnel. Des dispositions nécessaires doivent être prises pour une interprétation adéquate de la loi sur le droit du patient, un plus grand respect du secret professionnel et médical et une interprétation clairement définie de «la personne de confiance».

Selon les thématiques, un maintien voire un renforcement des activités de lobbying doit être assuré par les acteurs concernés.

Les acteurs de terrain et les chercheurs

Il est nécessaire de recueillir des données sur plusieurs problématiques :

  • les phénomènes de prises de risque «volontaires» ou répétées ;
  • les trajectoires des personnes séropositives et leurs vulnérabilités ;
  • les recours aux offres de soin alternatives et leurs causes ;
  • les discriminations ;
  • les pratiques et croyances défavorables à la prévention et au traitement des IST/SIDA ;
  • la qualité des informations diffusées par les médias au sujet du VIH/SIDA et des autres IST.

Les activités concrètes à renforcer sont le développement de recherches et recherches-actions en lien avec les questions qui se posent sur le terrain. Les résultats de ces recherches devraient être diffusés largement, en particulier ceux concernant les discriminations.

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Une analyse commune pour l'action (décembre 2009)

Cahier 3 : personnes séropositives

Cahier 3

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Activités à maintenir

Activités à renforcer ou à améliorer

Activités à mettre en place

 
Observatoire du sida et des sexualités - Facultés universitaires Saint-Louis
Bd. du Jardin Botanique, 43 - 1000 Bruxelles - tél: + 32 (0)2 211 79 10 - observatoire@fusl.ac.be