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7. Données épidémiologiques et sociales

Public cible : les prostituées féminines
Infections au VIH, aux autres IST et à l’hépatite C en Communauté française parmi les prostituées féminines

Les données sanitaires pour les prostituées proviennent essentiellement des recueils effectués lors des dépistages de proximité réalisés par des travailleurs de rue et des médecins (Espace P asbl, Icar) lors des permanences médicales spécifiques. Des données provenant d’une population plus diversifiée sont également relevées lors du dépistage de proximité réalisé à Liège (Sidaction asbl) auprès d’une population de rue (SDF, toxicomanes, prostituées). Ces données ne sont pas en tous points comparables mais elles permettent de poser les constats suivants (voir tableau 1) :

  • La prévalence du VIH est relativement faible mais néanmoins plus élevée qu’en population générale.
  • La prévalence de l’hépatite B est plus élevée qu’en population générale, que l’on considère les personnes contagieuses (Ag Hbs+) ou les personnes immunisées naturellement, c’est-à-dire qui ont développé des anticorps, qu’elles aient ou non développé la maladie (Ac Hbc+). Les prostituées non belges courent quatre fois plus de risques d’être contaminées que les belges (données non présentées).
  • La prévalence de la syphilis est non négligeable.
  • La prévalence de l’hépatite C est élevée, particulièrement parmi les prostituées qui consomment des drogues par voie intraveineuse.
  • Une prévalence de papillomavirus (HPV) de 24 % a été observée au cours d’un projet pilote en région namuroise en 2007-2008.

Tableau 1 Prévalences du VIH, des hépatites B et C, de la syphilis et du HPV parmi les prostituées féminines en Régions wallonne et bruxelloise (Source : Espace P asbl 2008a-b, Sidaction asbl 2009)

Données concernant les conditions de vie des prostituées féminines

Les intervenants insistent sur le fait que l’activité de prostitution s’exerce le plus souvent sans coercition et doit en cela être respectée. Ils ne remettent pas en question la légitimité de l’activité, tout en mettant en évidence que celle-ci s’exerce souvent dans des conditions très difficiles. En effet, beaucoup de prostituées rencontrées vivent dans une situation de précarité socio-économique, d’isolement et d’exclusion. L’environnement de travail les expose à des violences et à des souffrances psychologiques et peut favoriser la consommation d’alcool et d’autres drogues. L’activité et les personnes qui l’exercent font l’objet de stigmatisation dans la société, d’où découlent souvent un manque de respect, une dévalorisation et un sentiment de honte. Certaines prostituées vivent dans des situations de vulnérabilités cumulées et extrêmes, comme les migrantes sans titre de séjour ou les personnes transsexuelles. Certaines sont également victimes d’exploitation (proxénétisme, traite). Les prostituées qui travaillent en rue et en bar souffrent plus souvent d’exclusion que celles qui exercent en privé : elles sont plus souvent jeunes, migrantes, consommatrices de drogues par voie intraveineuse et sans couverture sociale. En ce qui concerne l’accès aux soins, on constate une grande différence entre les femmes contactées en Région wallonne et celles rencontrées à Bruxelles. Les premières, essentiellement belges ou originaires d’un autre pays d’Europe de l’Ouest, ont en grande majorité une couverture soins de santé (85,6 %) et un médecin traitant (91 %). Les secondes, majoritairement issues d’Europe de l’Est, n’ont en majorité ni couverture ni médecin. La couverture soins de santé est directement liée au statut de séjour (Espace P asbl, 2008a-b).

Sources
  • Espace P asbl. Rapport d’activités 2008 destiné à la Cocof. Bruxelles, 2008a.
  • Espace P asbl. Rapport de l’enquête sur la santé sexuelle des personnes prostituées en Communauté française. Bruxelles, 2008b.
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