Outils personnels

7. Plan opérationnel

Public cible : les prostituées féminines

Objectifs opérationnels

  1. Améliorer le bien-être des prostituées féminines, en particulier la confiance en soi, l’estime de soi, l’autonomie économique et la capacité de se défendre contre l’exploitation et les violences.
  2. Augmenter l’utilisation du préservatif et du lubrifiant à base d’eau parmi les prostituées féminines, les clients et les partenaires de la vie privée.
  3. Diminuer la fréquence de l’utilisation des éponges et des douches vaginales et améliorer l’utilisation d’éponges adaptées dans le public cible des prostituées féminines.
  4. Diminuer les prises de risque liées à l’usage de drogues parmi les prostituées féminines.
  5. Augmenter et améliorer le recours au dépistage du VIH, des IST, des hépatites B et C et du cancer du col de l’utérus et au vaccin contre l’hépatite B dans le public cible des prostituées féminines, en particulier dans les sous-groupes qui y ont le moins recours.
  6. Améliorer l’accès aux services de soins, de prévention et de promotion de la santé pour les prostituées féminines, en rappelant et en renforçant la confidentialité.
  7. Inverser la tendance à la pénalisation de la prostitution auprès des différents niveaux de pouvoir politique et en particulier les niveaux fédéral et communal.

Stratégies

Les stratégies pour atteindre ces objectifs s’appliquent directement au public cible et/ou à d’autres acteurs en lien avec ce public.

Le public cible

Il s’agit d’améliorer ses connaissances sur les IST, particulièrement le VIH, les hépatites, le cancer du col de l’utérus (modes de transmission, dépistages, vaccins, traitements, moyens de prévention, …) et de renforcer l’utilisation des moyens de prévention existants. Il s’agit également d’améliorer la prise en charge et l’environnement des prostituées féminines afin de renforcer leurs capacités, leur estime de soi, leur sécurité, leur accès au matériel de prévention, au dépistage et aux soins.

Les activités à renforcer en ce qui concerne la prévention IST/SIDA consistent dans la réalisation et la mise à disposition d’animations et d’outils d’information adaptés, la traduction de brochures et l’intervention sur de nouveaux lieux de prostitution visibles (Internet, etc). Le travail de proximité doit être développé, éventuellement avec l’appui de relais culturels. La vente de préservatifs masculins et de lubrifiant doit être maintenue et les distributions gratuites doivent être renforcées. Le préservatif féminin doit être rendu accessible de manière ciblée pour éviter les risques de réutilisation. Le matériel de RDR doit être distribué aux prostituées toxicomanes. L’accès au dépistage gratuit et anonyme des IST et du cancer du col de l’utérus, à la vaccination gratuite contre l’hépatite B et aux soins doit être favorisé.
Le public doit être intégré dans le développement des outils et dans la diffusion des informations (prévention par les pairs). Une permanence médicale spécifique doit être disponible en parallèle au travail sur le terrain avec un médecin. L’accès à des lieux d’accueil devrait être renforcé, notamment à Mons, Tournai et Arlon où rien n’existe encore.

Les activités à renforcer en ce qui concerne l’estime de soi et le bien-être consistent dans l’organisation d’activités collectives pour les prostituées, la création d’espaces d’échange avec les personnes vivant dans leur voisinage et la création d’espaces de parole. Des cours de self-défense devraient être proposés. Il est également nécessaire de les soutenir dans leurs démarches psycho-médico-sociales, d’insertion professionnelle et de formation. L’accès à un service de médiation de dettes et à un centre spécialisé dans l’accueil des victimes de la traite des êtres humains doit être facilité.

Les clients

Il convient d’améliorer leurs connaissances au sujet du SIDA et des autres IST.

Les activités à renforcer sont la conception et la diffusion d’outils d’information adaptés (affiches dans les salons et les bars, outils distribués via les personnes prostituées, information communiquée via Internet, via une permanence téléphonique, lors de la tenue de stands dans les quartiers chauds, lors des festivals de l’érotisme, …).

Le milieu psycho-médico-social

Il convient d’améliorer la qualité des pratiques professionnelles des acteurs psycho-médico-sociaux en contact avec les prostituées (médecins généralistes et spécialistes), en particulier en intégrant les questions liées à la sexualité et les spécificités de la prostitution et en rappelant la nécessité de la confidentialité et du secret professionnel.

Les activités à renforcer concernent la formation des professionnels psycho-médico-sociaux aux sujet des spécificités des pratiques prostitutionnelles et la réalisation de projets de prévention en partenariat.

Les acteurs du niveau sociétal

Il est nécessaire de lutter contre les discriminations dont sont l’objet les prostituées féminines dans différents secteurs de la vie sociale comme le milieu psycho-médico-social, administratif (CPAS) et familial ainsi que dans la population générale.

Les activités à renforcer sont l’animation de modules de sensibilisation, la diffusion de témoignages, la participation à des articles, des reportages et des débats diffusés dans la presse.

Les acteurs politiques

Il est nécessaire de les informer des enjeux liés à la prostitution (traite, prostitution volontaire, conséquences de la pénalisation). Il convient également de simplifier la politique d’aide médicale urgente.

Les activités à renforcer concernent le lobbying vis-à-vis des ministères compétents, des conseils communaux concernés et des militants au sein des partis démocratiques.

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Une analyse commune pour l'action (décembre 2009)

Cahier 7 - Prostituées féminines

Cahier 7

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Activités à maintenir

Activités à renforcer ou à améliorer

Activités à mettre en place

 
Observatoire du sida et des sexualités - Facultés universitaires Saint-Louis
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