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0. Conditions de vie

Chaque public cible est hétérogène et une analyse exhaustive de ses «conditions de vie» et de ses vulnérabilités est impossible : la vulnérabilité doit être envisagée de manière complexe, en distinguant les éléments liés à la trajectoire des individus et des groupes, les interactions entre protagonistes et le contexte dans lequel s’inscrit leur rencontre (Delor et Hubert, 2004).

Les intervenants ont retenu les éléments qui permettent d’identifier un dénominateur commun qui caractérise la santé et les vulnérabilités de chaque public. Certains de ces éléments sont très spécifiques au public cible considéré, d’autres concernent plusieurs ou l’ensemble des publics. Ces éléments transversaux sont les suivants :

  • L’accès aux soins : en Belgique, cet accès est en principe universel. Cependant, certaines catégories de population bénéficient d’un accès moindre aux soins préventifs, au dépistage ou aux soins curatifs. C’est notamment le cas des migrants vivant dans des situations de grande précarité.
  •  Le niveau d’éducation ou d’alphabétisation : le niveau d’éducation entretient un lien direct avec l’état de santé. Un faible niveau d’éducation nuit à l’autonomie des personnes, à leur intégration sociale et entrave leur maîtrise de différentes ressources et notamment leur compréhension des messages de prévention ou du système de santé.
  •  Les conditions socio-économiques et la précarité : les constats portent sur l’impact de conditions socioéconomiques défavorables à différents niveaux : état de santé, accès aux moyens de subsistance, accès aux soins de santé, dépendance économique.
  •  La discrimination, la stigmatisation ou l’exclusion sociale : l’existence de discriminations est un constat systématique à travers toutes les analyses de situations. Elles concernent avant tout les personnes séropositives mais aussi différents publics cibles qui en sont victimes en raison de certaines caractéristiques (orientation sexuelle, origine, modes de vie et comportements,…). Elles peuvent s’exercer dans divers domaines de la vie sociale (emploi, logement, banques et assurances, enseignement, lieux d’accueil, soins de santé, vie de tous les jours).
  •  La santé mentale et sociale : elle peut être définie de manière différente selon les publics cibles (santé subjective, sensation de bonheur, sentiment de solitude, présence ou non de soutien social, estime de soi,…). Généralement, peu de données existent concernant ces dimensions en Communauté française en dehors des constats posés par les intervenants de terrain. Des enquêtes menées auprès de certains publics cibles intègrent néanmoins des indicateurs intéressants : sentiment de bonheur ou de solitude dans les enquêtes HBSC sur la santé des jeunes (Godin et al., 2008), expérience de dépressions et de tentatives de suicide parmi les homosexuels masculins (Martens et Huynen, 2006) par exemple.
Sources
  • Delor F., Hubert M. Un réexamen du concept de «vulnérabilité» pour la recherche et la prévention du VIH/Sida. Observatoire du sida et des sexualités, Bruxelles, 2004.
  • Godin I., Decant P., Moreau N., de Smet P., Boutsen M. La santé des jeunes en Communauté française de Belgique. Résultats de l’enquête HBSC 2006. SIPES-ULB, Bruxelles, 2008.
  • Martens V., Huynen P. Connaissances et comportements des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes à l’égard du VIH/Sida en Communauté française de Belgique. Arch Public Health, 2006, 64, 13-26.
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