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6. Plan opérationnel

Public cible : les usagers de drogues injecteurs

Objectifs opérationnels

  1. Améliorer le bien-être des usagers de drogues injecteurs sur les plans physique, mental et social.
  2. Réduire les pratiques d’injection parmi les usagers de drogues injecteurs.
  3. Réduire les pratiques de partage des seringues et de l’ensemble du matériel d’injection parmi le public des usagers de drogues injecteurs.
  4. Augmenter l’utilisation du préservatif parmi les usagers de drogues injecteurs.
  5. Améliorer le recours adéquat au dépistage du VIH, du HBV, du HCV et des autres IST dans le public des usagers de drogues injecteurs.
  6. Augmenter la couverture vaccinale (hépatite A et B, tétanos, etc.) dans le public des injecteurs.
  7. Améliorer la qualité des interventions de réduction des risques.
  8. Promouvoir des politiques judiciaires en adéquation avec la promotion de la santé des usagers de drogues injecteurs et la réduction des risques.

Stratégies

Les stratégies pour atteindre ces objectifs s’appliquent directement au public cible et/ou à d’autres acteurs en lien avec ce public.

Le public cible

Il s’agit d’améliorer ses connaissances sur plusieurs sujets :

  • le VIH et les IST, l’image et l’usage du préservatif ;
  • les hépatites B et C (modes de transmission, dépistage, traitements) ;
  • les modes de consommation, les risques associés, les moyens de réduire les risques et les traitements de substitution ;
  • les lieux de dépistage ;
  • les services spécialisés, et plus particulièrement les comptoirs d’échange de seringues et les kits d’injection en pharmacie.

Il est également nécessaire de le sensibiliser au sujet de la vulnérabilité liée à la consommation ou à l’état de manque ainsi qu’aux liens qui existent entre les risques pris dans la vie sexuelle et ceux liés à l’injection.

Il convient aussi de renforcer les capacités des UDI à utiliser le matériel d’injection de manière adéquate (shooter propre) et de manière plus générale à être autonome et à négocier, notamment en renforçant l’estime de soi et en améliorant la perception de l’image corporelle.

Les activités concrètes à renforcer et à pérenniser sont l’action dans les milieux de vie des UDI, le travail de proximité et la prévention par les pairs.

Les professionnels psycho-médico-sociaux généralistes ou spécifiques

Il convient d’améliorer leurs connaissances concernant différentes problématiques :

  • les risques liés au partage de l’ensemble du matériel d’injection ;
  • les modes de consommation, les risques associés, les moyens de réduire les risques et les traitements de substitution existants, les traitements du VIH et des hépatites ;
  • les lieux de dépistage.

Les connaissances des médecins généralistes et des pharmaciens au sujet des hépatites devraient être améliorées. Les pharmaciens devraient être mieux sensibilisés à leur rôle de professionnels de santé dans leurs contacts avec les UDI.

Les services généralistes et spécifiques disponibles pour les UDI doivent être sensibilisés à l’accompagnement global et coordonné.

Les activités concrètes à renforcer concernant les connaissances et les savoir-faire des professionnels sont les formations en RDR.

Les services de dépistage des hépatites B et C, du VIH et des autres IST de qualité* et dans certains cas anonymes et gratuits doivent être disponibles et accessibles. L’accès horaire, géographique et financier à l’information, au matériel de RDR et au préservatif doit être renforcé. Des services de RDR de type communautaire et participatifs, prenant en compte la santé globale et le bien-être des usagers, doivent être développés.

Les activités concrètes à renforcer sont le développement d’activités de dépistage dans les services existants, le développement de synergies entre centres existants, services de dépistage et médecins généralistes, l’élargissement des activités dans les centres de dépistage, l’accès au dépistage dans les comptoirs d’échange de seringues et l’encouragement des professionnels généralistes et spécifiques à proposer systématiquement les différents dépistages. De manière générale, la concertation entre intervenants de la RDR doit être renforcée ainsi que le travail en réseau entre les intervenants concernés par l’hépatite C.

Concernant l’échange de seringues, des salles d’injection devraient être créées.

Les acteurs politiques

Un travail de sensibilisation doit être accompli auprès d’eux afin de :

  • diminuer les entraves au matériel de RDR par la police et le secteur judiciaire ;
  • définir un cadre légal qui légitime et soutient la RDR et améliore l’accessibilité financière, horaire et géographique des seringues et du matériel d’injection ;
  • promouvoir la légalisation des drogues ;
  • sensibiliser à l’importance des hépatites B et C ;
  • soutenir le dépistage anonyme et gratuit des hépatites B et C, du VIH et des autres IST ;
  • soutenir l’accès gratuit au vaccin contre l’hépatite B ;
  • assurer un accès à l’ensemble du matériel d’injection (seringues et matériel connexe) en comptoir, en rue et en pharmacie ;
  • développer des salles d’injection dans les lieux pertinents ;
  • améliorer l’accès aux traitements de substitution et notamment à l’héroïne pour le public le plus vulnérable ;
  • reconnaître la nécessité des distributions gratuites de préservatifs à des fins pédagogiques ;
  • promouvoir la santé globale dans les services spécialisés en toxicomanie et dans les services généraux ;
  • diminuer la durée et la fréquence des séjours en prison.

Le lobbying vis-à-vis des différents niveaux de pouvoir politique concernés doit être développé.

Les acteurs du niveau sociétal

Une meilleure information de l’opinion publique ainsi que des professionnels concernés doit être mise en oeuvre, particulièrement au sujet de la RDR et de la légalisation des drogues.

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Une analyse commune pour l'action (décembre 2009)

Cahier 6 - Usagers de drogues injecteurs

Cahier 6

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Activités à maintenir

Activités à renforcer ou à améliorer

Activités à mettre en place

 
Observatoire du sida et des sexualités - Facultés universitaires Saint-Louis
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